La presse

 

Le Soir - 23/08/2014

Des marionnettes au clair de lune
On a beaucoup parlé des vertus pédagogiques, humanistes ou intellectuelles du théâtre jeune public. Mais on a oublié une de ses qualités fondamentales : il donne furieusement envie de bricoler. Devant les merveilles du théâtre d’objets, on se prend à rêver de passer des journées enfermé dans une arrière-cuisine à recyclerais de fer et sachets de thé pour imaginer d’improbables histoires d’amour au clair de lune. C’est plus ou moins la fable surréaliste tissée par la Cie Sac à Dos avec La fille de la lune (dès 3 ans), sous la houlette de Didier de Neck. Sur le plateau, un bric à brac coloré déploie la rencontre d’un jeune garçon solitaire et terre à terre et d’une fille aventurière, la tête dans la lune. Sur scène, la délicieuse Susan Yeates et le très lunaire Patrick Huysman jouent d’une d’une présence complice et espiègle pour manipuler ces personnages en fil de fer, gambadant dans des jardins de tissu multicolore ou sur des sangles élastiques en guise de rayons de lune. Un très mignon théâtre bricolé, cousu main, qui convoque aussi bien les jeux d’ombres que des marionnettes version arte povera. Il y a une tendresse irrésistible dans cette pièce complètement barrée, ou le thé donne d’étranges chats dans la gorge, des expériences, des expériences d’alchimiste exhortent le jour ou la nuit, des bateaux express font le voyage jusqu’à la lune. On se laisse porter par cet univers drôle et humble où l’on apprend le temps qui passe et les joies de se laisser surprendre par l’inattendu. Catherine Makereel

La Libre Belgique - 3/09/2014

Des mobiles à la Calder, des pastilles couleur Miro, un univers de fil et de fer, un joyeux bazar des années 50. On se croise au petit déj’ devant un oeuf à la coque pondu par une poule de fil de fer elle aussi. Des liens, des lignes sont créées entre les contraires, la lune et le soleil, Susan Yeates et Patrick Huysman, auteurs et marionnettistes venus conter ici les petites contradictions quotidiennes, les conflits anodins, les difficultés à chuchoter : “reviens. Toujours craquante avec son accent anglais et son jeu saupoudré de nonsense, Susan yeates raconte et dévoile le chat dans la théière. Il finira dans la gorge. Jolie tranche de vie inventive et ludique sur le temps qui passe contée avec juste lenteur et pic rock bienvenu.

Laurence Bertels

Le Ligueur - 09/2014

Fil de fer, plumes, grands yeux ronds, grands pieds au bout de jambes en ficelles, voici de petites marionnettes originales et attachantes. Susan Yeates et Patrick Huysman sont tour à tour manipulateurs et comédiens, Lui descend son bonhomme sur un rayon de soleil, C’est le jour. Il faut prendre le petit déjeuner, s’occuper du jardin, se coucher. Elle descend sa petite demoiselle sur un rayon de lune. Impossible de se rencontrer jusqu’au jour où un chat facétieux décroche le rayon de lune. Impossible pour la fille de la lune de regagner son logis. C’est la rencontre obligée, comme dit la chanson, le soleil a rendez-vous avec la lune. Il faut apprendre à se connaître, à s’apprivoiser. Il n’est pas toujours facile de supporter les travers de l’autre. Un univers frais, coloré, inventif, émaillé de douceur et de sourires.

P M

Rue du Théâtre - ?8/09/2014

L’histoire fantasque d’une belle qui débarque chez nous en surfant sur un rayon de lune. Le tout enrobé d’accessoires multiples confectionnés avec des objets de récupération.??Le conte est amusant, entre bricolage et désinvolture. Il accumule les objets, détournés au point de devenir poétiques, comiques, insolites. Les deux complices conteurs prennent visiblement plaisir à manipuler, à se taquiner, à prendre distance amusée vis-à-vis de ce qu’ils font. ?La vraisemblance est restée en coulisses. Tant pis pour les grincheux. C’est la fantaisie qui domine, un peu farfelue par moments, un rien décousue à d’autres. Qu’importe puisque tout sert à l’histoire sans référence trop appuyée à la logique cartésienne. L’inventivité prime même si elle se disperse.?Les ombres chinoises avoisinent des carafes d’eau qui changent de couleur selon les moments de jour ou de nuit marqués par des horloges manuelles. Le jardin possède des fleurs à corolles amovibles. À proximité, on pond des œufs à la coq et non à la coque.?Les marionnettes sont faites de ficelles et autres ingrédients visuels, de bric et même de broc. La lune est un écran pour projections. Des boites en carton sont des immeubles et le chat lunatique (qu’on finit par avoir dans la gorge) est en fil de fer. Mais la boîte à musique reste ce qu'elle est.?Susan Yeates et Patrick Huysman vont d’un lieu à l’autre, d’une poupée à une autre, s’emparent d’accessoires. Ils bricolent en connivence et si leur humour parfois bavard et bilingue sera sans doute plus perceptible par les parents, les enfants y trouveront aussi quelque plaisir à cause des coloris, des transformations de matières, de la tendresse d’une idylle entre une lunaire aventureuse et un terrestre victime de sa timidité.

Michel Voiturier

La montagne magique - 09/2014

Fils de fer et sachet de thé, bouts de ficelles et oeufs à la coque, voici les ingrédients pour concocter une improbable histoire d’amour au clair de lune. Dans un bric-à-brac coloré, la pétillante Susan Yeates et un Patrick Huysman tout en retenue et timidité font virevolter leurs marionnettes avec une grande tendresse pour raconter aux petits ce conte à rêver entre jour et nuit, entre chien et chat au creux d’un jardin multicolore. Un merveilleux théâtre d’objets pour voyager sur un rayon de lune.

Jeanne Pigeon

La Dépêche du Midi - 16/05/2015

Le soleil avait rendez-vous avec la lune, ce mardi, dans le cadre des contes proposés par la compagnie Sac à Dos, «La fille de la lune». Pour marquer leur arrivée dans le village, Patrick et Susan ont profité d'une pause dans une tournée régionale pour offrir gratuitement aux enfants des écoles ce spectacle où l'acteur et la marionnette se mélangent dans un décor de jeu d'ombres et de lumière. Quelques parents et responsables d'associations remplissaient également les gradins, dont des membres de Festi'Drôle qui se sont montrés intéressés. Fondée en 1990, la compagnie Sac à Dos s'est forgé une identité propre et originale, basée sur le mélange du style conté et du théâtre d'objet. Elle s'est fixée pour objectif d'œuvrer à un théâtre ouvert à tous et veille à multiplier les niveaux de lecture de ses créations, qui s'adressent prioritairement aux enfants, afin que les spectateurs de tous âges puissent y être sensibles.

Saarbruecker-zeitung - 10/03/2015

Fantasievoll und bunt startete am Sonntag im Theater Überzwerg das Kindertheater-Festival „Couleurs“. In „Das Mädchen vom Mond“ erzählen die Schauspieler Patrick Huysman und Susan Yeates auch ihre eigene Geschichte. Vor einer bunten Bühnenkulisse im Theater Überzwerg trifft das Mädchen vom Mond den Jungen aus dem Garten. Sie will zurück zum Mond, aber der Mondstrahl dorthin ist verschwunden. Der Junge kann ihr nicht helfen, weil er sie nicht versteht. Aber er schenkt ihr eine Blume aus seinem Garten – und so kommen sie sich trotz ihrer Sprachprobleme näher. Am vergangenen Sonntag startete im Theater Überzwerg am Erich-Kästner-Platz in Saarbrücken-St. Arnual das deutsch-französische Kindertheater-Festival „Couleurs“ mit dem Stück „La fille de la lune/Das Mädchen vom Mond“ der Brüsseler Formation „La Compagnie Sac à Dos“. Patrick Huysman und Susan Yeates haben das Figuren- und Objekttheaterstück in englischer und französischer Sprache geschrieben und spielen es auch. Das Stück ist die erfrischende Geschichte des Mädchens vom Mond und des Jungen aus dem Garten. Die Welt, in der sie spielt, ist fantasievoll und bunt, ihre Accessoires und Musik von den 50er und 60er Jahren inspiriert. Sowohl die Puppen als auch die Schauspieler tanzen zwischendurch immer mal wieder zu grooviger Rock'n'Roll-Musik; eine Katze spaziert zu einem lässigen Jazz-Basslauf über die Mondlandschaft. Christoph Dewes vom Überzwerg hat die beiden Schauspieler bei einem Theaterfestival in Marburg kennengelernt. Er sagt: „Ich hatte zuvor ein Video von dem Stück gesehen. Mir gefiel, dass es farbenfroh, lebendig und mit Musik ist. Außerdem habe ich die beiden auch schon mal mit einem anderen Stück live gesehen und wusste, dass sie wirklich was können.“ Huysman und Yeates führen die Figuren und Objekte, treten aber auch selbst als Schauspieler in Erscheinung. Das Mädchen vom Mond spricht nur englisch, der Junge aus dem Garten nur französisch. Da sind Verständigungsprobleme und kleinere Missverständnisse unausweichlich. Trotzdem finden sie am Ende zusammen. „Das ist unsere eigene Geschichte“, sagt Patrick Huysman. Und Susan Yeates erklärt: „Ich komme aus England und kam 1988 nach Belgien, um eine Theaterschule zu besuchen. In der ersten Zeit habe ich mich dort gefühlt, als käme ich vom Mond.“ Auf der Theaterschule hat sie dann auch Huysman kennengelernt. Heute sind die beiden ein Paar – genau wie das Mädchen und der Junge in ihrem Stück.